Les carnets de l’action culturelle locale
Activités / Colloques annuels / Édition 2010

Selon l'ordre de déroulement des plénières et des ateliers :

Crédit photo : René Houde
Texte : Réjean Bédard
Mise en scène : Maureen Martineau
Jeu : Réjean Bédard et Pierre Luc Houde
Scénographie : Carol Eveno
Consulter le texte de la fable Le Rat des villes et le Rat des champs
Note : toute reproduction partielle ou totale est interdite sans l'accord explicite des auteurs.
Simon Brault, président, Culture
Montréal
Présentation
En septembre 2009, Simon Brault publiait Le facteur C : l’avenir passe par la culture, fruit de ses expériences et de ses réflexions de longue date sur le développement culturel. L’essai, qui a été vendu à plusieurs milliers d’exemplaires et qui sera sous peu publié en anglais par les éditions Cormoran, a généré un intérêt et des réactions dont personne, pas même l’auteur, ne pouvait prévoir l’ampleur – un signe manifeste de la montée accélérée des préoccupations culturelles dans l’arène publique au cours de la dernière décennie et des nombreux enjeux qui touchent de près ou de loin, le développement culturel des communautés.
À une époque où l’offre d’œuvres et de manifestations artistiques est abondante et sans cesse renouvelée, il est surprenant, voire inquiétant, de constater que le nombre de personnes qui s’y intéressent (un nombre estimé à 3 personnes sur 10 au sein des grandes démocraties) n’a pas augmenté. On constate, de surcroît, que la culture commerciale ne s’est jamais si bien portée, alors que la culture misant sur l’élévation de l’esprit – cette culture soutenue par l’État pour des raisons tout à fait justes et légitimes – se trouve marginalisée. Ces réalités mettent en lumière l’urgence de s’attaquer sans tarder au développement de la fréquentation des arts, à l’élargissement de l’accès aux œuvres les plus significatives du patrimoine culturel de l’humanité et à la promotion d’une connaissance et d’une expérience de la création actuelle. Mais comment aborder le très large et très ouvert concept de la participation culturelle, et comment les municipalités peuvent-elles l’inscrire au cœur de leur stratégie de développement? Comment les activités culturelles de proximité peuvent-elles contribuer à l’édification de quartiers et de communautés solidaires, informées, ouvertes et épanouies, tant économiquement que socialement? Simon Brault lance ici un appel à l’action aux élus, aux artistes et à tous les intervenants du secteur culturel, et encore davantage aux écoles et aux autres institutions qui assument une certaine initiation des gens aux arts, pour que chacune et chacun s’emploie à faire des arts et de la culture une réelle part du quotidien pour tous les citoyens.
Michel Lagacé, président, Fondation Villes et villages d’art et de patrimoine (VVAP), préfet, MRC de Rivière-du-Loup et président, Conférence régionale des élus (CRÉ) du Bas-Saint-Laurent, et
Sylvie Harvey,
directrice générale, MRC Coaticook
Cultivons l’appartenance au territoire si nous voulons y récolter la fierté
Le territoire de la MRC de Rivière-du-Loup dispose, depuis 2009, d’une politique culturelle qui permet d’aborder la culture comme un levier du développement régional et constitue l’assise indispensable à l’évolution d’un milieu culturel fort et structuré sur l’ensemble du territoire, tout en reflétant la double identité rurale et urbaine de sa population.
La MRC de Rivière-du-Loup reconnaît que la culture est une composante inéluctable du développement social, touristique et économique et ce, autant pour les milieux ruraux qu’urbains. L’accès à la culture contribue à maintenir et à augmenter la qualité du milieu de vie des Louperiviens et joue un rôle déterminant sur l’attractivité des communautés. Il est également évident pour la MRC de Rivière-du-Loup que le développement culturel de son territoire passe, inévitablement, par le renforcement de la complémentarité entre les services culturels en milieu rural et urbain.
Depuis 2001, la MRC reconnaît la portée supralocale des équipements culturels que sont la Maison de la culture et le Centre culturel, situés dans la ville centre, et participe financièrement à leur fonctionnement. Plus récemment, la MRC s’est engagée à soutenir de manière comparable l’École de musique et le Centre d’archives, en raison de la portée régionale de leur mission. Cet appui permet à ces derniers, malgré leur localisation sur le territoire de la ville de Rivière-du-loup, d’être de plus en plus présents sur le territoire rural en offrant, entre autres, des services satellites aux quatre coins de la MRC.
L’embauche d’une agente de développement culturel dans le cadre du programme Villes et villages d’art et de patrimoine (VVAP), en 2004, a permis de positionner concrètement l’intervention de la MRC de Rivière-du-Loup dans le domaine culturel. Un mandat de mise en valeur du paysage louperivien a vite été entrepris. Celui-ci s’est notamment matérialisé par l’application de programmes d’aide à la restauration du patrimoine, la création d’un service-conseil en patrimoine pour les propriétaires et la rédaction de règlements de protection du cadre bâti pour les municipalités.
Concrètement, la présence et le rôle de l’agente culturelle ont eu un effet stimulant sur le choix et l’engagement des élus en faveur d’une culture vivante en milieu rural. L’encadrement offert a aussi permis de structurer plusieurs projets en les qualifiant ainsi à un soutien financier du fonds du Pacte rural de la MRC. Ce fonds, de plus en plus utilisé comme levier dans le développement de projets culturels en milieu rural, a favorisé la mise en place de projets variés aux quatre coins de la MRC (tournée d’artisans, symposiums, projet d’animation de bibliothèques, exposition itinérante,...), favorisant ainsi une occupation dynamique du territoire.
Sans contredit, la culture est un enjeu de territoire important. Elle fait d’ailleurs partie intégrante des 27 priorités budgétaires établies par le conseil de la MRC.
« Cultivons l’appartenance au territoire si nous voulons y récolter la fierté. »
Richard Pedneault, directeur-conservateur, Musée
Laurier
Présentation de l'atelier
La culture, sans les moyens de la
communiquer, est vouée à mourir par inanition non pas d’une mort violente, mais
d’une fin lente et à peine visible. La culture à l’heure d’Internet : comment
suivre le mouvement ? Bientôt, toutes les municipalités du Canada seront
branchées sur le Web. Il ne dépend que de nous de réagir positivement à ce
changement en tirant le maximum de profit de ces nouveaux outils.
Éric Forest, maire, Ville de Rimouski
Présentation
Parmi les signaux les plus perceptibles d’une municipalité au stade de la dévitalisation, l’appauvrissement de sa vitalité culturelle témoigne fortement de son état de décroissance. Lorsqu’une municipalité réduit ses heures d’accessibilité à la bibliothèque, n’offre plus d’événements culturels rassembleurs, compte peu de lieux publics, on constate que la population perd peu à peu son sentiment de fierté et d’appartenance à la communauté.
Au contraire, une municipalité engagée dans le développement de sa culture sera attractive et créera les conditions favorables à son développement économique, s’orientant ainsi vers sa revitalisation. L’énergie d’une population engagée dans sa culture est peut-être la meilleure des garanties contre le déclin des populations de nos municipalités.
René Barsalo, directeur, recherche et stratégies, Société des
arts technologiques
Présentation de l'atelier
L'objectif
du programme de recherche PropulseART, initié par la Société des arts
technologiques (SAT),
est de permettre à des groupes éloignés « d’être ensemble », voire de briser
l’isolement géographique, le temps d'un événement, qu'il soit de nature
culturelle, éducative ou socioéconomique.
En
combinant les possibilités offertes par les réseaux IP de fibres optiques, de l'audiovisuel
numérique et des technologies de l'information, PropulseART ouvre la
possibilité de relier de manière interactive des lieux où peuvent se réunir des
dizaines, des centaines ou des milliers de personnes, et ce, peu importe la distance. Il offre
une solution de rechange à la vision actuelle d'un avenir collectif uniquement
branché à l'écran individuel, tout en ouvrant de nouvelles possibilités en
matière de collaboration à distance entre deux ou plusieurs communautés
éloignées. Par exemple, avec un territoire de l’ampleur du Québec, les
avantages sociaux, économiques et écologiques sont évidents. Imaginez ceux-ci à
l'échelle planétaire !
Initiées
au départ pour renforcer la stabilité et la qualité des transmissions
audiovisuelles et de données lors de la production de spectacles en réseau, les
fonctionnalités intégrées dans PropulseART peuvent également combler les
besoins d'autres types d'événements tels que les conférences socioéconomiques,
les rencontres régionales et tous les autres types d'événements similaires. De
plus, les lieux où se tiennent ces événements sont souvent les mêmes que ceux
où ont lieu les performances culturelles, surtout hors des grands centres
urbains. En reliant la culture, nous relions les communautés. L'idée d'une
alliance entre la culture, l'éducation et le développement régional est alors
tout indiquée. Tous souhaitent une plus grande visibilité hors de leurs régions
immédiates. Tous ont besoin de liens extérieurs pour se nourrir
intellectuellement et se développer.
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