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Prix Citoyen de la culture Andrée-Daigle 2013

Le lauréat

Écomusée du fier monde
Projet : La parole est à nous !

Lauréat Citoyen de la culture 2013 - Ecomusee

Fondé en 1980, l’Écomusée du fier monde est à la fois un musée d’histoire industrielle et ouvrière de Montréal et un musée citoyen. Reconnu et soutenu par le ministère de la Culture et des Communications, il met en valeur l’histoire et le patrimoine du quartier Centre-Sud de Montréal. Microcosme de la révolution industrielle au Québec, ce quartier a été témoin des effets de l’industrialisation sur le travail et les conditions de vie des familles ouvrières. Cet Écomusée propose donc une pratique muséale axée sur l’éducation populaire, en plus de mettre en place des projets participatifs en étroite collaboration avec la population, les institutions et les organismes du quartier.

L’Écomusée du fier monde se distingue par son engagement envers le milieu dans lequel il se trouve et par sa volonté de faire participer les organismes et les citoyens à ses activités grâce à une programmation qui reflète les enjeux du quartier. Il tente ainsi de contribuer au développement du Centre-Sud. Dans cet esprit, l’Écomusée a établi un partenariat stimulant avec l’Atelier des lettres, un organisme d’éducation populaire et d’alphabétisation qui œuvre dans le quartier depuis 25 ans. Au-delà de l’alphabétisation, ses formations touchent l’estime de soi et la prise en charge.

Des adultes en alphabétisation de l’Atelier ont réalisé, en collaboration avec l’Écomusée, des projets de recherche, des expositions, des publications ainsi que des activités d’éducation populaire exemplaires. Une solide expertise a été acquise au cours de ces réalisations originales, dont la plus récente, La parole est à nous !, représente le fruit de 12 années de travail.

La parole est à nous ! visait à être un lieu d’expression pour une vingtaine d’adultes en processus d’alphabétisation qui utilisent la photographie pour explorer leur quartier ainsi que l’univers de l’écriture. Munis d’appareils photo, les participants ont sillonné le quartier à la recherche de lettres dissimulées dans l’architecture et le paysage urbain. Ils ont ensuite associé un mot aux lettres de l’alphabet : « C » pour courage, « E » pour équipe, etc. Dans l’exposition, des textes collectifs et individuels accompagnaient certains des mots évoqués. Ces hommes et ces femmes ont jeté un regard singulier sur leur milieu et leur réalité et partagé leur vision du monde dans des témoignages vibrants. Parce qu’il dépassait la collaboration ponctuelle, ce projet a franchi une nouvelle étape dans l’utilisation de l’exposition et du musée comme outils d’habilitation.

Le projet s’est déroulé en quatre étapes qui correspondaient à autant de réalisations concrètes présentées devant public. Il a conduit à une prise de parole publique au printemps 2011 et à la présentation d’une exposition temporaire au printemps 2012. Pour conserver une trace de ce projet participatif, une murale intitulée Voici notre quartier a été intégrée à l’exposition permanente de l’Écomusée à l’été 2012. Le projet incluait également la mise sur pied d’activités d’éducation et d’animation accompagnant l’exposition.

Commentaires du jury
Pour le jury, ce projet qui s’adresse à une clientèle analphabète trop souvent marginalisée est valorisant et rassembleur. Il contribue à faire naître un sentiment de fierté et offre une superbe occasion d’ouverture aux autres. Selon le jury, l’implication des participants dans une démarche qui ne leur est pas naturelle est remarquable. Il s’agit d’un bel exemple de médiation culturelle. De plus, le partenariat établi avec L’Atelier des lettres est judicieux et bénéfique. Le musée, par cette exposition qui constitue un extraordinaire outil d’éducation populaire, reflète remarquablement bien la réalité des habitants du quartier.

Mentions spéciales

La Société des Correspondances d’Eastman
Projet : Les Correspondances d’Eastman

Mention spéciale - Eastman

Depuis 2003, la Société des Correspondances d’Eastman organise annuellement Les Correspondances d’Eastman, une activité littéraire populaire de nature internationale qui a lieu au mois d’août. Par celle-ci, la Société s’engage dans une action régionale de revalorisation de l’écriture et de la lecture. Elle souhaite ainsi donner le goût d’écrire et de lire tout en faisant découvrir l’écriture vivante, le livre et le travail de l’écrivain, notamment en invitant les participants à écrire des lettres qui seront expédiées à travers le monde, en mettant ces lettres en spectacle de même qu’en faisant ressortir toutes les correspondances qui peuvent exister entre la littérature et les autres disciplines artistiques.

Pendant les quatre jours des Correspondances, le village d’Eastman, niché entre lacs et montagnes dans les Cantons-de-l’Est, passe de 4 000 à 8 000 habitants. Les visiteurs viennent des quatre coins du Québec pour profiter de la nature et de la littérature. Cette présence génère des retombées économiques importantes pour la communauté d’affaires d’Eastman.

Les participants sont conviés à des rencontres d’auteurs, à des cafés et à des cabarets littéraires, à des spectacles en soirée ainsi qu’à des ateliers d’écriture. Ils sont également invités à écrire et à lire dans les nombreux jardins d’écriture.

Appuyées par une centaine de bénévoles qui s’investissent avant, pendant et après l’activité et de nombreux partenaires financiers, Les Correspondances d’Eastman bénéficient de la mobilisation de toute une communauté qui cherche à assurer leur rayonnement et leur succès. Chaque année, Eastman se transforme ainsi en village de lettres. Les magnifiques jardins d’écriture, aménagés et entretenus par les Eastmanois, sont devenus un attrait incontournable de l’activité.

Les Correspondances d’Eastman occupent une place de plus en plus importante dans la vie culturelle de la région et contribuent à plusieurs projets municipaux, notamment Un livre-un village, qui permet à tous les habitants de lire au moins un livre au cours de la saison estivale. Celui-ci est mis en circulation libre dans des boîtes aux lettres aux couleurs des Correspondances. Par la suite, son auteur est invité à prononcer une conférence et à rencontrer ses lecteurs. De plus, Les Correspondances d’Eastman ont ajouté un volet à la grande fête de Noël d’Eastman en conviant la population à écrire une lettre au père Noël, une activité lancée en 2012 qui a connu un franc succès.

Dans sa planification stratégique 2013-2016, la Société des Correspondances d’Eastman mise sur une plus grande centralisation des activités, sur de nouveaux partenariats et sur une programmation renouvelée et dynamisée pour diversifier sa clientèle, satisfaire et surprendre davantage son public et, enfin, mieux appuyer la communauté d’affaires d’Eastman. De nouvelles initiatives sont déjà en cours de réalisation. Ainsi, Les Correspondances d’Eastman demeureront un rendez-vous incontournable de la scène culturelle estrienne pour les années à venir !

Commentaires du jury

Le jury félicite la Société des Correspondances d’Eastman pour ce projet unique en son genre au Québec qui a su attirer au fil des ans de nombreux participants. Multigénérationnelles, Les Correspondances créent une effervescence chez les citoyens qui ouvrent leur jardin aux visiteurs afin de donner une place à l’écriture et à la lecture. Par cette mention, les membres du jury souhaitent encourager l’organisme à persévérer dans la tenue de cette activité exemplaire.

Comité culture et concertation de Sayabec
Projet : Salon des mots de la Matapédia

Mention spéciale - Sayabec

La mission du Comité culture et concertation de Sayabec, une municipalité rurale comprise dans la MRC de la Matapédia, dans le Bas-Saint-Laurent, est de promouvoir la culture sous toutes ses formes auprès de la population en général, avec des visées particulières pour les jeunes.

Croyant fermement que la vitalité d’une municipalité et d’une région est intrinsèquement liée à son dynamisme et à la qualité de son offre culturelle, le Comité culture et concertation, en collaboration avec la bibliothèque municipale Quilit de Sayabec et d’autres partenaires, organisait en 2012, pour la deuxième année consécutive, le Salon des mots. Cette activité rassembleuse d’une durée de trois jours a comme objectif de sensibiliser la population aux mots et à la littérature sous toutes ses formes. Elle donne l’occasion de rencontrer des auteurs de la vallée de la Matapédia, du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie. Par ailleurs, des ateliers thématiques offerts par des auteurs, des éditeurs, des libraires, des conteurs, des comédiens, des poètes et des auteurs-compositeurs-interprètes ainsi qu’un concours d’écriture permettent à la population de se familiariser avec les mots et tout ce qu’ils font naître. Le Salon explore également les arts visuels par l’intermédiaire de son volet « Une image vaut mille mots », où les mots sont exprimés en photos, en dessins et en sculptures.

Fort de son succès en 2011, année où le Salon des mots a accueilli 27 auteurs, le Comité en a invité 43 en 2012. Il souhaite que le Salon devienne une activité régionale professionnelle et attendue et qu’il fasse vivre des moments culturels enrichissants, émouvants et importants à la communauté.

L’entrée au Salon et l’espace pour les exposants sont gratuits. De plus, de nombreux livres sont distribués comme prix de présence grâce à de précieux partenaires financiers. La mise en œuvre du Salon, un rendez-vous important, mais soutenu principalement par des bénévoles et ayant lieu dans une petite municipalité de 2 000 habitants, représente toutefois un défi particulier, puisqu’elle nécessite la participation des 18 municipalités de la région.

Grâce à son Salon des mots et à son dynamisme culturel contagieux, Sayabec s’est taillé une place importante et une réputation sans précédent dans la vallée de la Matapédia.

Commentaires du jury
Le jury tient à saluer le Comité culture et concertation de Sayabec pour la création de ce salon régional rassembleur qui propose à toute la population diverses activités autour des mots et des livres. Rendre un tel salon accessible en région, et ce, gratuitement, est remarquable. Ses retombées économiques sont aussi appréciables. Et quelle extraordinaire participation citoyenne, qui ne cesse de croître chaque année ! Par cette mention, les membres du jury souhaitent encourager l’organisme à persévérer dans la tenue de ce salon exemplaire.

Membres du jury

  • Sylvie Pigeon, conseillère aux politiques Culture,Sécurité publique, Ruralité, Union des municipalités du Québec
  • Sylvain Aumont, consultant en art et culture
  • Manon Barbeau, cinéaste et directrice générale Wapikoni mobile

 

 

 

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