Bulletins et communiqués

Pratiques exemplaires

Le Mur des rapaces de l’artiste René Derouin

9 mars 2017  |  Aucun commentaire

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L’artiste québécois René Derouin a tissé des liens particuliers avec le Mexique depuis qu’il s’y est rendu pour la première fois au milieu des années 1950. En réaction à l’annonce du président Donald Trump à propos de la construction d’un mur entre ce pays et les États-Unis, l’artiste a imaginé un projet mural pour ce futur mur : Le Mur des rapaces.

Ainsi, il se trouve actuellement au Mexique où il travaille sur ce projet, dont la première version proposait l’installation de l’œuvre sur la frontière nord du Mexique et de la faire payer par les États-Unis, comme un pied-de-nez aux déclarations du président étatsunien concernant le mur qu’il souhaite faire construire entre les deux pays et dont il veut refiler la facture au Mexique. Bien entendu, l’artiste était pleinement conscient qu’il ne serait pas facile d’obtenir l’autorisation des États-Unis et surtout de les faire payer pour ce travail historique destiné à souligner le règne du nouveau président !

Après avoir consulté un certain nombre d’historiens de l’art mexicains ainsi que des artistes et amis, René Derouin a convenu que la proposition la plus excitante, en termes d’américanité et de migrations, serait d’exposer la première section du Mur des rapaces (une pièce de 1,21 par 12 mètres) sur la surface extérieure d’un train. Pour un artiste qui a travaillé 25 ans plus tôt sur la migration et les frontières, il aurait été inacceptable de couper cette Amérique en deux, puisque les États-Unis d’Amérique iraient ainsi à l’encontre de ce qui a fait la grandeur de ce pays depuis sa création. Leur tradition d’ouverture, qui est aussi la tradition de tour le continent américain, a donné au monde quelque chose à rêver pendant des siècles.

L’évolution de l’Amérique du Nord est étroitement liée à l’arrivée des chemins de fer : il n’y a qu’à penser à la complétion du chemin de fer Canadien Pacifique, à la conquête de l’Ouest, à la guerre de Sécession ou encore à la révolution mexicaine. À la fois système de transport, mode de communication, outil de guerre et vecteur d’échanges transfrontaliers, le train a provoqué d’importantes transformations dans notre société. Le Mur des rapaces prendra ainsi la forme d’une exposition itinérante qui pourra être admirée du Nord au Sud, sans risque d’obstacle.

Écouter l’entrevue qu’a accordé René Derouin à René Homier-Roy, depuis Mexico, concernant ce projet et sa relation avec le Mexique.

Source : René Derouin

Le Sentier Crème glacée, à La Pocatière

9 mars 2017  |  Aucun commentaire

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L’artiste kamouraskoise Émilie Rondeau a créé le Sentier Crème glacée, une intervention artistique éphémère qu’elle a réalisé en collaboration avec la Ville de La Pocatière et les élèves de l’école Sacré-Cœur, dans le parc récréatif de la municipalité. Il s’agit d’un bel exemple d’une intervention qui permet d’intégrer l’art dans le quotidien des citoyens et dans ce cas précis, d’un mariage original entre l’art et le sport dans un geste qui assume pleinement la nordicité. Visionnez la vidéo présentée à ce sujet sur La Fabrique culturelle

Pour en savoir davantage, consultez l’article de Maxime Paradis publié dans Le Placoteux le 6 février 2017

Des ateliers d’art thérapie pour aider à l’intégration des femmes d’origine syrienne au Nouveau-Brunswick

9 mars 2017  |  Aucun commentaire

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Des femmes d’origine syrienne participent ce mois-ci à un projet artistique qui leur permettra de faire un pas de plus dans leur intégration à la société canadienne. Le Centre culturel Aberdeen, à Moncton, accueillera en avril prochain l’exposition qui découlera de ce projet d’art thérapie. Visionner le reportage diffusé au Téléjournal de Radio-Canada à ce sujet

Source : Radio-Canada

Le programme La culture à l’école, un appui important à l’apprentissage de la lecture

13 février 2017  |  Aucun commentaire

Extraits du texte de Jean-Sébastien Marsan et Marie-Andrée Boivin, respectivement directeur des communications et chargée de communications de l’Union des écrivaines et des écrivains québécois, publié le 23 décembre 2016 dans le périodique Savoir.

La culture à l’école, sous sa forme actuelle, existe depuis 2004, mais ses origines remontent à 1984. Ce programme subventionné par les ministères de l’Éducation et de la Culture permet à des artistes et des écrivains de présenter des ateliers créatifs en classe. Les écoles, pour choisir leurs invités, puisent dans le Répertoire des ressources culture-éducation du ministère de la Culture, qui présente les profils de plus de 2 200 artistes, écrivains et organismes culturels.

« C’est un programme très important et très bénéfique, à la fois pour les élèves et les enseignants », confirme l’écrivaine jeunesse Andrée Poulin, une habituée de La culture à l’école depuis une dizaine d’années. « Je fais aussi des animations dans d’autres provinces canadiennes et, à moins que je me trompe, je crois que le Québec est la seule province au Canada qui ait un programme officiel, avec un budget pour les écoles. Le Québec a été novateur et précurseur. »

La culture à l’école a prouvé que la présence d’auteurs en classe qui interagissent avec les élèves lors d’activités centrées sur une œuvre littéraire personnalise et dynamise l’expérience. Les écrivains, modèles positifs, peuvent donner la piqûre de la littérature. « Les bons livres existent, les non-lecteurs et les lecteurs récalcitrants existent, et ce qu’il faut, c’est un pont entre les deux », clame l’écrivaine jeunesse Dominique Demers. « Les ponts doivent être vivants en littérature. Je ne crois pas qu’une simple liste de coups de cœur soit suffisante ». Lire le texte intégral

Source : Savoir

L’artiste René Derouin : un continentaliste sans frontières

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Nous vous invitons à découvrir la capsule vidéo sur René Derouin présentée sur le site La Fabrique culturelle dans le cadre de la série Un artiste, une œuvre, qui propose une rencontre avec 33 artistes du Québec.

Nous vous présentons également ci-dessous quelques extraits de l’entrevue accordée par René Derouin au journal Ensemble.

Artiste en quête de territoire identitaire : entretien avec René Derouin

À une époque où environnement et identité demeurent en péril, Ensemble s’est entretenu avec l’artiste multidisciplinaire de réputation internationale René Derouin qui, depuis 60 ans, explore les notions de territoire et d’identité. Après deux décennies d’un symposium d’art in situ marquées par le succès, l’octogénaire sillonne désormais ses terres intérieures.

René Derouin, parlez-nous de votre parcours.

Je suis un observateur de la nature. Le problème, c’est que je ne sais pas quoi prendre d’elle. Est-ce que je fais l’ensemble du paysage ? La montagne en face, comme Cézanne ? Un arbre, une feuille, ou l’intérieur d’une feuille ? Je suis incapable de me décider. Je place et déplace les choses et je laisse faire le temps. Les jours passent, puis un matin, je trouve l’œuvre terminée.

Je suis un instrument de l’art. La beauté du monde est trop grande pour que je puisse la choisir.

Votre attachement au territoire est viscéral.

Je me suis toujours considéré comme un continentaliste sans frontières, mais avec une culture. Ma culture étant menacée, c’est troublant. En tant qu’artiste, c’est mon interrogation à l’heure actuelle. Est-ce que je serai le seul à survivre ? Est-ce qu’on ne sera qu’une petite poignée ? On va être en voie de dépréciation, de décadence.

Les anthropologues le disent : les peuples qui ne s’affirment pas finissent dans l’alcoolisme et la déchéance. C’est ce qu’on vit actuellement. Une perte d’identité, une perte des valeurs, une télévision complètement stupide. Je ne peux plus supporter le rire des gens. Ils rient de leur malheur, de leur non-être. C’est une névrose collective.

Nous les artistes, on défend des valeurs. Mais nous sommes marginalisés dans une société qui s’en va ailleurs. On reste solitaire de notre art.

Justement, qu’est-ce qu’un artiste ?

Ce qui définit l’artiste, c’est qu’il est beaucoup dans le silence et dans l’observation. Et cet état-là permet de transmettre ce que l’on voit. Il n’y a jamais personne qui a inventé la musique. Le compositeur, c’est quelqu’un qui devient attentif à la musique et il l’écrit. Moi je suis un transmetteur. Je suis à l’écoute de quelque chose qui existe. Cette écoute-là est possible pour tout le monde.

Vous avez souvent pris position en faveur d’une meilleure intégration de l’art au sein des communautés, à commencer par la vôtre. La culture est-elle la planche de salut des régions ?

La culture est la planche de salut pas seulement des régions, mais la seule voie face à la société de consommation, qui menace notre identité, nos valeurs et la civilisation elle-même.

J’ai un malaise avec le fait que notre société se met au rencart très vite. Au Québec, on tablette les artistes à 60 ans.

Donnez-nous votre définition de l’art.

Faire de l’art, c’est chercher à travers la spiritualité une vision intérieure de l’être. Pourquoi sommes-nous ici ? Pourquoi fait-on ce que nous faisons? Il n’y a pas de retraite dans ça. Ce n’est pas une carrière, ce n’est pas un métier, c’est une façon d’être. Tu n’es pas la moitié d’un artiste ou un artiste le soir ou la fin de semaine. L’art est la seule préoccupation de ma vie et c’est ma survivance.

Parlez-nous de Rapaces et de ce qui entoure ce nouveau projet.

Rapaces* est un aboutissement de ma préoccupation. J’avais fait l’aigle de la mondialisation avant. C’était l’aigle emblématique du pouvoir.

Je me suis inquiété un moment en me disant : « Est-ce que je suis en train de faire de l’art politique ? »

On vit dans un monde de rapaces. On l’a vu avec le développement de l’argent dans les paradis fiscaux. Nos hommes politiques le savent et ne le dénoncent pas parce qu’ils sont eux-mêmes inscrits dans ce système de rapacité-là. L’État se rapetisse et les multinationales grossissent. La rapacité est normale chez les oiseaux de proie mais pas sous l’idéologie politique, une idéologie imposée à travers la mondialisation qui veut que les états disparaissent. L’identité va disparaître et on va devenir que des consommateurs. Et ça va au-delà des nations. C’est la destruction des cultures. Nous sommes des nuisances pour les multinationales. Ce qu’ils veulent, c’est des consommateurs. Lire le texte intégral

* L’exposition Rapaces comprend vingt-cinq œuvres réparties sur trois sites.

Source : Ensemble

Le parcours urbain Premier « shift », à Trois-Rivières

11 novembre 2016  |  Aucun commentaire

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Le parcours urbain Premier « shift »¹ est une activité hors les murs mise sur pied en 2015 à Trois-Rivières par Boréalis, Centre d’histoire de l’industrie papetière, afin de faire rayonner la mémoire industrielle locale.

S’inspirant des parcours sonores (sound walk) de Manhattan et de Paris, Premier « shift » transporte le marcheur dans l’univers du premier quart de travail d’un employé de la C.I.P., jadis le plus important moulin à papier au monde. Enrobé d’ambiances sonores et de témoignages, ce parcours immersif propose l’histoire de l’usine et de son quartier, le tout ponctué d’anecdotes et d’archives photographiques. D’une durée de 50 minutes, le parcours s’étend sur 2 km sur les anciens terrains de la C.I.P. et au cœur du quartier Sainte-Cécile.

Offert à l’année et de manière autonome, ce parcours offre une liberté qui est de plus en plus recherchée par les touristes friands de découvertes urbaines. De plus, pour augmenter le réalisme du « premier shift », le marcheur peut se procurer une boîte à lunch du travailleur (option pique-nique).

Premier « shift » incarne une nouvelle façon de mettre en valeur le patrimoine. Grâce à la collaboration des gens du quartier, Boréalis, Centre d’histoire de l’industrie papetière a réussi à faire revivre l’âme de l’usine à travers les archives personnelles (des photographies, notamment) et les témoignages de ces derniers. « Nous voulions créer un espace de rencontre entre le visiteur et l’histoire et donner sens au lieu. Premier « shift » veut être le trait d’union entre le passé de cet ancien site industriel et la mémoire des hommes », souligne Valérie Bourgeois, directrice du Centre.

Grâce à son parcours urbain, Boréalis espère que les gens de la région se réapproprieront le site, qui éveille l’intérêt depuis les premiers projets de revalorisation. Ils y découvriront entre autres l’esprit du lieu et cette relation très particulière entre l’usine et son quartier.

¹ Le mot shift (de l’anglais) est un canadianisme qui désigne le quart de jour ou le quart de nuit d’un travailleur (le plus souvent employé d’une usine).

Source : Boréalis, Centre d’histoire de l’industrie papetière
Crédit photo : Olivier Croteau

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