La Vieille Usine de l’Anse-à-Beaufils – Percé, Gaspésie

La Vieille Usine de l’Anse-à-Beaufils – Percé, Gaspésie

Un centre de pêche moribond, des infrastructures portuaires presque abandonnées, des bâtiments à valeur patrimoniale en dégradation ainsi qu’un contexte économique plutôt défavorable ont sonné l’alarme d’une possible détérioration irréversible de l’environnement physique et social du village de l’Anse-à-Beaufils. À la suite de ce constat, un citoyen élabore un projet pour la revitalisation du port auquel se joignent des dizaines d’autres résidents de l’Anse-à-Beaufils. Avec leurs propres moyens financiers, ils convertissent l’ancienne usine de transformation de la morue du village en un centre culturel.

Jusqu’à l’ouverture de La Vieille Usine de l’Anse-à-Beaufils à l’été 2000, il était impossible pour la population d’assister à une représentation professionnelle sans parcourir une distance moyenne de 134 km. Depuis, ce lieu unique en Gaspésie contribue à démocratiser et démystifier le monde des arts. En se rapprochant de la communauté, en respectant ses goûts et son évolution, La Vieille Usine contribue à l’ouverture de nouveaux horizons artistiques tout en lui offrant la chance de développer son sens critique. Depuis l’an 2000, année de l’ouverture, une augmentation de 450 % de l’offre des activités de diffusion a été constatée et le taux de fréquentation augmente chaque année.

La Vieille Usine représente pour l’Anse-à-Beaufils un carrefour culturel permettant de diversifier l’économie au-delà des pêches et de la forêt. La reconversion de cette ancienne usine à poissons en lieu culturel est reconnue comme une grande réussite.

Enfin, La Vieille Usine, par son rôle de centre culturel et de lieu de diffusion, est l’endroit tout indiqué pour le maintien et la transmission de traditions du patrimoine local. Ainsi, La Vieille Usine a permis à la population de se réapproprier une ancienne tradition en organisant la Nuit des homardiers. Traditionnellement, le début de la pêche au homard rassemblait parents et amis qui aidaient les pêcheurs à mettre les cages à l’eau sur les quais de Percé, la première zone à sortir le homard en avril. Ainsi, au cours de la Nuit des homardiers, toute la population est invitée à se rassembler pour la sortie des casiers à homard et à festoyer autour d’un petit déjeuner gratuit, à faire de la musique et à admirer le lever de soleil. La population et les pêcheurs se réapproprient alors la fierté et le sentiment d’appartenance liés au travail, combien important en Gaspésie, qu’est la pêche.

Source : La culture mise en pratiques[s] : Treize projets exemplaires issus de nos collectivités, Les Arts et la Ville, 2011.

Information sur l’image : La Nuit des homardiers. Crédit photo : André Boudreau

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